Les Maoris au quai Branly

La coupe du monde de rugby donne l’occasion au non-initié de découvrir un certain visage de la culture néo-zélandaise, celui de la nation maori. En effet ce peuple, arrivé en Nouvelle-Zélande quelques siècles avant les européens fait aujourd’hui partie de la pop-culture rugbystique. Si il y a trente ans la balle ovale était associée au cassoulet et au kilt écossais, aujourd’hui elle évoque tout autant le haka (danse guerrière traditionnelle) et le tatouage maoris. Si vous ne parvenez pas à comprendre votre fils, qui se martèle le torse en fracassant votre beau parquet avec ses talons, le Quai Branly vous offre une séance de rattrapage.

La Nouvelle-Zélande, en l’état actuel de nos connaissances, serait vraisemblablement le dernier bout de la planète à avoir été habité. Les Maoris y seraient arrivés par pirogue, venant des îles pacifiques quelques siècles seulement avant les « grandes découvertes » et la colonisation européenne. Ils y sont arrivés avec une culture déjà très forte et ce bagage culturel, loin d’être a remiser dans les livres d’histoire est encore très présent aujourd’hui dans l’âme néo-zélandaise. Le Quai Branly nous offre ainsi aujourd’hui, non pas une « rétrospective », puisqu’il ne s’agit pas de regarder en arrière mais bel et bien une plongée dans cette culture, qui évolue et s’adapte au modernisme. Les amateurs d’archéologie trouveront leur bonheur dans des objets multi-séculaires, tandis que les amateurs d’art contemporain ne seront pas en reste avec plusieurs expositions d’artistes néo-zélandais (photographes, sculpteurs, peintres,…) autour de cette thématique Maori.

La meilleure illustration est peut-être celle de ces deux pirogues : vous pourrez ainsi voir la continuité entre une pirogue du XIIème siècle, dont deux fragments seront exposés, et une pirogue contemporaine, en matériaux composites (la pirogue monoplace à balancier étant là-bas un sport de haut-niveau), décorée par un artiste contemporain (qui est aussi tatoueur).

Si les All-Blacks (équipe de rugby néo-zélandaise) sont aussi légendaires c’est bien parce-qu’ils sont centenaires mais résolument modernes.
Ainsi, si votre ado qui joue dans le club de rugby d’à-côté vous demande l’autorisation de se faire faire un Moko (tatouage maori) sur le biceps, c’est normal.

Si vous refusez, c’est aussi normal.

Pour consoler votre rugbyman en herbe trois solutions :
- filer au Quai Branly lui montrer le kit de tatouage traditionnel, véritable atelier de sculpture sur tête, ainsi que le magnifique entonnoir sculpté servant à nourrir pendant plusieurs semaines l’individu fraîchement tatoué. (vous oublierez évidemment de lui préciser qu’aujourd’hui tout cela se fait à l’électricité de façon beaucoup plus douce)
- lui rappeler que le Moko est à l’origine une carte d’identité. Qu’il devrait donc plutôt se faire tatouer le village de naissance et le nom de jeune-fille de sa mère, idem pour le père, ainsi que son numéro de sécurité sociale sur le nez.
- lui rappeler que bien avant que Ma’a Nonu et Piri Weepu ne tiennent un ballon ovale, le coq gaulois mangeait déjà du trèfle irlandais et de la rose anglaise.

En bonus le haka des New Zealand Maori (équipe composée uniquement de maoris à ne pas confondre avec les All-Blacks): le Timatanga