Quand Tarantino fait du John Ford…

Chose promise, chose due !

La bande-annonce de Django Unchained, le nouveau film de Tarantino. Si vous ne voyez absolument pas de quoi il est question, Supplément Sirop comble vos lacunes ==> Voir l’article à ce sujet

 

On peut déjà voir les références s’accumuler, comme toujours chez Tarantino. La première de toutes, c’est La prisonnière du désert, par le grandiose réalisateur John Ford. (1956)

Premier point commun : le thème

Ce film dont le titre original est « The searchers » (Qu’on pourrait traduire par « A sa recherche ») conte l’histoire de deux hommes à la recherche d’une femme, enlevée par les indiens et retenue prisonnière depuis des années. Ça ne vous fait penser à rien ?

La scène du désert enneigé 

Deux hommes emmitouflés traversent un désert de neige. Deux minuscules silhouettes au milieu de l’immensité du paysage et d’un troupeau de bisons qui s’étend à perte de vue.

La vengeance

Dans La prisonnière du désert, les deux acolytes, tout aussi dépareillés, ont des motivations très différentes. Le premier, joué par John Wayne, cherche à retrouver l’enfant disparue des années auparavant uniquement dans le but de se venger, et d’achever les souffrances de la jeune fille qui doit avoir été détruite par sa captivité. Le second, le frère adoptif de la prisonnière, la cherche pour la ramener à la maison. La vengeance…chez Tarantino ? Ca sonne familier…

D’ailleurs, le duo de héros composé d’un jeune afro-américain et d’un vieux blanc rappelle étonnamment celui de La prisonnière du désert, composé d’un jeune natif-américain et d’un vieux briscard blanc.

L’humanisme

 La cause a changé. A la sortie de La prisonnière du Désert, on avait taxé Ford de racisme, en mettant en cause la scène d’une attaque contre un village indien. En vérité, ce passage mettait en exergue l’horreur de ces batailles, et dénonçait toute la sauvagerie de la guerre, laissant transparaître le profond humanisme du réalisateur. Tarantino, quant à lui, s’attaque à l’esclavagisme. Mouais. L’humanisme version Tarantino, je suis sceptique. Mais au moins cela promet d’être croustillant.

 

Alors…Plagiat ? Non, hommage. Tarantino fait le cinéma qu’il aurait aimé voir gamin. Il se fait juste son propre John Ford. En plus sanglant… J’ai hâte !

L’occasion également de (re)découvrir le chef-d’œuvre fordien, qui n’a cessé d’inspirer tout le cinéma américain du XXème siècle. Ne serait-ce que pour le grandiose du final.