Argo – Critique sirupeuse

On a tous plus ou moins connu Ben Affleck à la fin des années 90 où il jouait les minets qui sauvaient la planète en compagnie de Bruce Willis dans Armageddon. Les filles ont adoré le voir se crasher en avion et faire des bisous à Josh Hartnett dans Pearl Harbor. Et puis, plus rien ou presque. Du mauvais Daredevil à l’inexistant Paycheck, les années 2000 ont été une véritable traversée du désert pour l’acteur, où même son frère Casey a plus été dans la lumière que lui. C’en était trop, Ben a dit fuck, a jeté J-Lo par la fenêtre et a décidé de passer derrière la caméra. Après l’excellent The Town en 2010, c’est avec Argo qu’il confirme ses talents à la réalisation.

"Fuck", Ben Affleck, le 6 mai 2008 après un énième bide

« Fuck » dixit Ben Affleck, le 6 mai 2008 après un énième bide

1979 -Crise Iranienne des otages. Après la prise de l’ambassade américaine à Téhéran par une foule hostile réclamant le retour de l’ancien chah pour le juger, 6 diplomates américains parviennent à s’échapper et se réfugient chez l’ambassadeur du Canada. Dès lors, la CIA va monter l’une des plus incroyables opération d’exfiltration jamais menée. Dès les premières minutes du film, Argo nous plonge dans l’extrême tension iranienne: femmes voilées lourdement armées, hommes pendus dans les rues à une grue, ça met tout de suite dans l’ambiance. L’atmosphère est parfois oppressante comme lors de la visite du bazar dans une foule dense.

Pour autant cette tension permanente du début à la fin du film ne va pas empêcher Argo d’être truffé d’humour, notamment grâce à l’excellent duo John Goodman / Alan Arkin, parfaits en vrais-faux producteurs d’un film de science-fiction, et prêts à tout pour aider Ben Affleck (Tony Mendez) à berner Hollywood. Oui, j’ai ri FORT et les variations entre le thriller d’espionnage et la loufoquerie du cinéma sont sans faux pas.
L’ambiance est soignée et la mise en scène parfaite, Argo nous balance dans la figure une reconstitution fidèle sans trop d’exagérationsde l’opération de la CIA. Et ce n’était pas gagné d’avance. Pourquoi? Parce que l’on connaissait déjà la fin pardi! Et nous tenir en haleine pendant 2 heures quand on connait le dénouement, j’appelle ça un film réussi. Et même si Ben nous envoie un orchestre tout entier de violons dans le final pour faire comprendre que tout le monde il est sauvé, on lui pardonnera volontiers cette errance, on oublie pas qu’il a été élevé sous l’aile de papa Michael Bay.